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Cours en Ligne : la connexion ne passe pas chez les parents

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Aussi bénéfique soit-il, la poursuite de l’éducation à distance comporte ses failles dans une société sous-développée dans laquelle la mise en oeuvre de ces mesures passe nécéssairement par une collaboration pleine et entière des parents.

Contrairement aux apparences, la société n’est pas là pour favoriser les libertés individuelles. Certains membres mal intentionnés de cette société profitent du “système” pour exploiter la docilité d’autres membres. On en trouve dans les églises, au bureau, dans la rue, et malheureusement à la maison. Ils exercent une influence sur les autres pour les asservir, et les contraindre. Parfois, ils n’ont même pas conscience de leurs mauvaises actions.

Tout d’abord, il y a ceux qui ne jurent que par l’éducation présentielle, leur crédo passent et pour les “Madame et Maître”;  des braves gens qui, à défaut de développement social, n’arrive pas à intégrer le concept de “cours en ligne”, il serait plus facile pour ceux-là de faire passer un chameau par une aiguille que d’obtenir leurs bénédictions pour l’achat d’un modem.

Viennent ensuite, les parents rétrogrades. Ces personnes, ne connaissent pas la sensation heureuse d’être en coordination avec le temps ; toujours confrontées aux arrogants désirs – selon eux, en réalité des besoins essentiels – des enfants, elles voient leurs autorités perpétuellement menacée ou mise en question. Être régulièrement connecté est passible de grosses sentences qui prennent la forme de réprimandes ou punitions.

“Tout lajounen tout lannwit telefòn nan men w”

Il est connu que le moindre temps libre est généralement vu par le parent typique comme :  idéal pour effectuer des tâches ménagères indépendamment du sexe.

La route pour obtenir une licence en Haïti est aussi longue que la muraille de Chine, voire plus. Comme si ce n’était pas suffisant, les victimes de ces comportements déjà lassés par les “peyi lock” doivent également faire des compromis entre la réalité à domicile et les études. Ce fut le cas ce dimanche d’une étudiante en Sciences Juridiques et Politiques de l’université Quisqueya qui a du se déconnecter de la plateforme en ligne pour aller prendre de l’eau, sous le ton martial de son père et ce malgré ses tentatives d’expliquer qu’elle était en periode d’examen et qu’il y avait un délai à respecter pour ce devoir. D’une certaine manière, elle évite un conflit en renonçant la mort dans l’âme aux études;  ce qui biaisera forcément ses notes futures, des notes biaisées qui déboucheront à leurs tours sur des reproches biaisées.

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“Se nòmal pou nòt ou bese, se pa nan telefòn ak laptop ou ye chak jou ? “

N’excluant pas le fait que certains jeunes accordent une proportion beaucoup plus  importante à s’envoyer des textos que l’étude, il est quand même nécessaire de rappeler que le portable (smartphone ou laptop) est incontournable dans l’apprentissage en ligne et qu’une connection régulière est tout aussi indispensable pour la bonne poursuite de la formation dans laquelle ces mêmes parents-là se sont préalablement investis.

Malheureusement, les victimes sont profondément prisonnières de cet engrenage qu’il peut leur être impossible de s’en sortir par elles-mêmes. Difficile d’implanter une nouvelle méthode d’apprentissage lorsque les décideurs sont imperméables au changement. Difficile de dire s’opposer quand on a l’impression qu’un petit accroc peut engendrer un conflit.

Les cours en ligne ne passent clairement pas chez l’intégralité de nos parents et ce pour diverses raisons. S’adapter à la réalite de l’époque prendra donc encore du temps.

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À propos Rodney Zulmé

Je suis Rodney Zulmé, rédacteur à Balistrad, étudiant finissant en Économie & Finances à l'IHECE. Passionné de scénarios et de thrillers. Chaque jour est une vie, à travers l'écriture, travaillons à la beauté des choses.
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