FreeHaiti
Crédit : Chrismy

Le monde s’unit pour dire #FreeHaiti

Temps de lecture : 2 minutes

Mis à jour le 15 mars 2021 à 8 h 53 min

Il faut remonter au séisme du 12 janvier 2010, pour voir une myriade de personnalités et d’entités internationales venir au chevet d’Haïti. Ce samedi 13 mars, ce n’est pas une catastrophe naturelle mais le lynchage de quatre policiers au Village de Dieu qui a inspiré plus de 400k tweets avec #FreeHaiti.

#FreeHaiti est un hashtag pour crier sa haine du macabre d’abord parce qu’évacuer est nécessaire. Il est aussi pour dire qu’on en peut plus. En Haïti, nous ne sommes pas tous libres et égaux en droit face au progrès. Il ne s’applique pas de la même manière à tout le monde. Pour certains, la situation ne s’améliore guère malgré les années et les nombreuses promesses.

Les inégalités subsistent et conduisent à des injustices en cascade. Pour changer les choses, les victimes finissent par descendre dans la rue ; ou taper sur un clavier pour exprimer leur ras-le-bol dans la tête de leurs gouverneurs incapables. C’est de là qu’est né le trend #FreeHaiti, initié par les activistes des réseaux sociaux.

La violence et les inégalités sociales ont transformé le Village de Dieu en un théâtre d’affrontements où des hors-la-loi armés jusqu’aux dents tirent dans le tas. À quelques pas du Palais de la Justice, on ne discute plus, on lynche. Quatre policiers – trois agents du SWAT et un agent du BOID – ont été abattus puis lynchés par le gang de la zone le vendredi 12 Mars 2021. On y retrouve des scènes effroyables qui feraient pâlir les khmers rouges. Il faut pourtant entendre la violence pour la comprendre et déterminer qui est responsable: ceux qui lynchent les policiers? Ceux qui importent armes et munitions? Ou encore, les hauts-placés qui n’ont pas de stratégies et envoient nos policiers à l’abattoir?

Il est à rappeler que pas plus d’un mois de cela, les journalistes dénonçaient en cascade les violences policières à l’égard des journalistes et des manifestants. Les manifestants réclamaient le départ du président dont le mandat est arrivé à terme en se basant sur l’article 134-2 de l’article de la constitution. Les manifestants dénonçaient aussi l’insécurité et les possibles implications des hauts placés du gouvernement et certains éléments du secteur économique.

Lire aussi :  Attention aux messages que vous envoyez sur les réseaux sociaux

La violence de ces derniers mois n’a fait que jeter de l’huile sur le feu déjà ardent. Les drames s’accumulent, ainsi que les nombreuses victimes collatérales à l’image de ces nouveaux orphelins qui grandiront sans leur père demain. À croire que la violence continue de s’acharner sur ceux qui la subissaient déjà par ailleurs.

#FreeHaiti va donc s’inscrire dans la lignée des hashtags activistes succédant au #BLM, #Metoo, #giletsjaunes, #ENDSARS et #FreeSenegal. Au rang des porte-étendards, on retiendra entre autres des figures autant locales qu’étrangères : Etzer Emile, Emmanuela Douyon, Jean Pierre Etienne, Gilbert Mirambeau Jr.; les artistes Joe Dwet Filé, Kalash, Rapsody, Jimmy Jean-Louis, Cardi B, Tory Lanez, Michael Brun, Beethova Obas, Rutshelle Guillaume…

Puisque la forteresse bananière résiste aux flammes, peut-être existe-t-il un moyen de la prendre de l’extérieur via ses QUATRE CENT MILLE TWEETS avec le #FreeHaiti.

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À propos Rodney Zulmé

Je suis Rodney Zulmé, rédacteur à Balistrad, étudiant finissant en Économie & Finances à l'IHECE. Passionné de scénarios et de thrillers. Chaque jour est une vie, à travers l'écriture, travaillons à la beauté des choses.
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