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S’inscrire dans la durée, le casse-tête des entraîneurs des grandes écuries

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Mis à jour le 13 août 2020 à 21 h 27 min

En football comme dans un club de strip-tease, on ne peut pas s’inscrire dans la durée surtout quand on est le coach d’un grand club.

Le premier contact est toujours courtois avec les dirigeants embaucheurs, ils sont toujours convaincus au départ. Quand la direction d’un club vient pour recruter un coach, elle lui explique qu’il est l’homme idéal pour le poste au vu de ses résultats, que sa manière de travailler et sa personnalité conviennent au club et que ce serait une joie de travailler avec lui. Cependant, l’idylle ne dure plus depuis un certain temps chez les grosses écuries empêtrées dans le cercle des victoires continues.

Quand le coach offre les victoires (titres), les fans, les journalistes et les dirigeants brandissent la pancarte du ‘’beau jeu’’. C’est pour cela que le nombre d’entraîneurs capables de remplir les deux aspects sont moins nombreux que les doigts de la main. Bien évidemment, on ne saurait passer sous silence l’exception Diego Simeone qui entraîne l’Atlético depuis dix ans.

Le limogeage de Maurizio Sarri confirme une chose : les grands clubs adorent les produits finis mais n’accordent jamais le temps nécessaire à l’entraîneur pour y arriver. Ils sont dans un rouage qui exige des triomphes continus. C’était prévisible ! Dès le départ, son profil ne correspondait pas à la Vieille Dame. Sarri est plutôt adepte du jeu de possession. Il devait alors se faire tout petit dans une institution qui préfère la victoire à la manière. Cela s’est confirmé sur le terrain, tâtonnant tactiquement (utilisation de plusieurs plans de jeu alors qu’il était sur quatre années consécutives à utiliser un 4-3-3 immuable). Il s’est même mis à dos le vestiaire qui ne supportait pas son addiction au tabagisme. Des joueurs de l’effectif ne se sont pas cachés pour ‘’liker’’ le communiqué officiel qui faisait état de son licenciement.

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Avec son palmarès bien pauvre (une Europa League et une Série A), il est peu probable de voir le technicien sur un banc de touche d’un grand club. D’autres chômeurs comme Mauricio Pochettino, Massimiliano Allegri ou Leonardo Jardim ont beaucoup plus de chance de trouver un emploi avant lui mais il ne doit pas non plus renier ses principes.

Le Real Madrid a limogé Julen Lopetegui aux termes de dix (10) journées de la Liga Espagnole, or ce dernier produisait un football (plus de 60% de possession en moyenne) qui correspondait à l’identité du club et pouvait compter sur le noyau de l’équipe qu’il connaissait très bien grâce aux années passées à la tête des sélections U23 & Senior. Une saison plus tard, il rebondit au FC Séville, termine 4e du championnat d’Espagne, remporte le titre de meilleur coach de la saison ; atteint les demi-finales de l’Europa League. Autre exemple, Juan Manuel Lillo, mentor de Pep Guardiola n’a jamais entrainé de grand club. Pourtant il est considéré par beaucoup d’entraineurs ibériques comme l’un des meilleurs de son époque. Désormais, il fait office d’adjoint de Guardiola.

Parfois, il est plus sage de se résoudre à rester dans un club moyen ne fixant pas la barre trop haute au lieu de s’engager dans un club qui aspire à un ‘’triplé’’ chaque saison et qui pense déjà à votre succession au bout de quinze matchs.

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À propos Rodney Zulmé

Je suis Rodney Zulmé, rédacteur à Balistrad, étudiant finissant en Économie & Finances à l'IHECE. Passionné de scénarios et de thrillers. Chaque jour est une vie, à travers l'écriture, travaillons à la beauté des choses.
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