Crédit Photo : Valérie Baeriswyl

Cisco et le tambour, une relation idyllique

Temps de lecture : 5 minutes

Mis à jour le 9 mars 2021 à 12 h 12 min

Cisco, de son vrai nom Sardau-Francisco Lafrance, se sert de ses mains pour raviver le cœur de toutes couches sociales. De l’Asile, commune du département des Nippes, à la capitale haïtienne, Port-au-Prince, le vingtenaire tient entre ses jambes son instrument de prédilection : un tambour. Entre lui et ce dernier, c’est une histoire d’amour qui remonte à son enfance. Allons à la rencontre de ce jeune homme bourré de talent.

Depuis les bancs de l’école classique, Francisco a toujours caressé le rêve de devenir un percussionniste de haut rang. Avec le soutien de son père dont Cisco fait l’éloge tout le temps, il a trouvé la motivation nécessaire pour parvenir à un de ses buts dans la vie : jouer du tambour pour le bonheur des tympans.

Il a grandi dans une famille où son père, ses frères et sœurs ont tous le sang de la musique dans leurs veines. Cisco s’est révélé être un monstre derrière le tambour. Pourtant, il n’a pas poussé la porte d’une école de musique à cet effet. C’est un autodidacte. Cependant, il exprime sa gratitude pour Samba Zao qu’il considère comme un père. Ses amis musiciens, notamment Grégory Laforêt ont fortement influencé sa carrière.

Si pour quelques uns les mains ne sont que des organes de sens, pour d’autres c’est tout un arsenal disposé pour aller détruire la tristesse au fond des cœurs. Dans cette lignée se trouve Francisco, l’homme qui met sa touche dans les bons moments que nous offrent la bande à BIC, Zatrap et tant d’autres groupes et artistes comme Rutshelle Guillaume, Jean Jean Roosevelt…

L’envol de sa carrière

L’artiste n’a pas pu se remémorer son premier contact avec le tambour. Il sait tout simplement que cela a commencé depuis son enfance car il a été élevé dans une famille de musiciens. Son père lui-même était musicien. Ses frères et soeurs le sont également. Chaque enfant de sa famille maîtrise un instrument. Son père l’a encouragé à se peaufiner dans le domaine alors qu’il s’oriente lui-même vers le tambour.

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Sa carrière professionnelle a débuté en 2010 mais c’est en 2012 qu’il a vraiment pris son envol aux côtés de l’artiste engagé Kébert Bastien dit KEB. Ce jour-là, l’Institut Français d’Haïti (IFH) a été le théâtre de sa première performance dans le top niveau.

Sa rencontre avec le chanteur BIC

C’est en 2014, toujours en compagnie de KEB, qu’il donnait des prestations phénoménales dans la capitale. La flèche de son talent a transpercé BIC. Le 29 juillet 2014, il a reçu un appel de BIC pour aller perfomer à sa soirée festive “Sware Plim Poul”, activité mettant en scène de jeunes artistes et parfois quelques artistes de renom. “Et depuis, je fais partie du groupe en tant que tambourineur percussionniste, a-t-il fait savoir. En 2017, je suis passé de tambourineur percussionniste à batteur principal du groupe“, a rapporté Cisco. Pour lui, BIC Band est plus qu’un groupe musical. C’est une famille. C’est sa famille.

Dans les spectacles de BIC, le chanteur de renom du pays, vous entendrez à coup sûr ce nom citer incessamment : Sis to the Co. Quelques secondes après, il y aura un tambour ou une batterie qui se mettra à parler de toute sa langue pour égayer le public.

Le tambour et sa vie

L’artiste garde une affinité singulière avec l’instrument tel un guerrier et son bouclier. “Le tambour est l’essence de ma vie. La musique est ma vie. Les deux, couplés ensemble, sont ma raison d’être“, a avoué le natif de l’Asile. Grâce à ce dernier (le Tambour), il a dit connaître des moments flamboyants dans sa vie comme en mai 2017 lorsqu’il a participé en compagnie du groupe ZATRAP à Haitian Compas Festival. Les tournées en Europe, en Afrique et dans les villes de provinces d’Haïti avec la troupe de BIC lui apportent un bonheur incommensurable.

Ses réalisations

Cisco met tout son poids dans la balance pour aider d’autres jeunes à vivre de leur passion. Fort de cela, avec son ami Grégory Laforêt, il a tout bonnement mis sur pied le groupe “Pawòl Tanbou“. “Ce groupe est fondé dans le but de mettre en évidence le tambour et les autres instruments à percussion, indique Cisco. À travers Pawòl Tanbou, la culture haïtienne va être au devant de la scène”, nous a rappelé celui qui enfile également le chapeau de chanteur au sein de ce groupe.

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« Je rêve de doter le pays d’une école de musique de tambour », a avoué l’homme qui doit l’envol de sa carrière professionnelle en tant que percussionniste au chanteur engagé Kebert Bastien alias KEB.

Pour son instrument de prédilection, le tambour, le percussionniste veut travailler bec et ongle afin de le propulser, à l’instar de son ainé Azor, au rang des instruments les plus prisés du pays. “Je rêve de voir qu’un jour le tambour devienne un instrument national indemne de toute sorte de marginalisation“, a-t-il avancé pour dévoiler l’avenir somptueux qu’il réclame pour le tambour en Haïti.

Je suis prêt à travailler avec n’importe quel jeune voulant s’approprier du tambour ou s’y perfectionner“, a laissé croire l’ancien de l’École Congréganiste Saint Vincent de Paul de Thomassin.

En tant que percussionniste, outre le soutien de sa famille notamment son père, sa motivation vient surtout de ses amis et ses pairs. Dans la construction de sa carrière, le public a joué un rôle incontournable. « À chaque fois je vois des gens se délecter de la magie de mes mains, je me sens bien dans ma peau, a-t-il avoué. À chaque fois qu’une personne me lance des mots de félicitations pour mon travail, ça me donne envie de travailler plus dur, de donner plus », a raconté Cisco qui se voit comme l’ambassadeur de la culture haïtienne.

Du haut de ses 29 ans, CISCO a déjà gagné la confiance d’un public affamé de bons sons du tambour.

Billy Doré 
dorebilly100@gmail.com

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À propos Billy Doré

Je suis Billy Doré. Journaliste. Etudiant en Sciences Politiques option Relations Internationales à l'INAGHEI de l'Université d'Etat d'Haïti. L'écriture est tout ce qui me reste quand je viens de tout donner. Les miettes servent à embellir les vides.
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