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La métamorphose de Franz Kafka: une merveilleuse représentation du mouvement de l’absurde

Temps de lecture : 3 minutes

Mis à jour le 26 mai 2020 à 17 h 42 min

Rejeté, incompris, marginalisé, Grégor Samsa a porté jusqu’à sa chute le poids de sa différence et de sa transformation.

Franz Kafka est un écrivain du XXe siècle, né en Autriche-Hongrie en 1883 et mort à quarante ans à Kierling, à proximité de Vienne. Il est romancier, nouvelliste, l’un des écrivains les plus célèbres du XXe siècle, placé par les critiques tantôt dans le modernisme, le réalisme magique ou encore l’absurde. Il a publié : La Métamorphose en 1915 ; La Colonie pénitentiaire en 1919 ; Le Procès en 1925 ; Le Château en 1926 et L’Amérique en 1927.

C’est La métamorphose, nouvelle fantastique de l’auteur qui est l’intérêt de ce commentaire, publiée en 1915, chez Kurt Wolff Verlag, à Leipzig. C’est le portrait de Grégor dressé par Kafka qu’on veut mettre en lien avec la modernité. Est-ce que Grégor était réellement le monstre ?

L’étude fera un résumé de l’histoire, ensuite questionnera la métamorphose de Grégor chez Kafka, pour finalement faire le lien avec l’homme et la complexité des temps modernes.

L’histoire du garçon-insecte

L’histoire expose la triste transformation d’un jeune garçon en un monstrueux insecte. Cette transformation qui sera difficilement imaginable pour la famille Samsa, obligée de l’enfermer dans une pièce, vite transformée en dépotoir. D’ailleurs, Grégor ne doit pas se montrer même quand on vient lui donner à manger. Personne ne voit en lui un humain, cependant il pense et il a encore toutes les émotions de l’humain. Son père le chasse et a essayé de le tuer ; sa mère le fuit ; sa sœur qui le nourrissait, demande de finir avec lui une bonne fois pour toutes.

C’était un soir, attiré par la musique, le garçon-insecte s’approchait un peu, sans volonté de faire mal, mais malheureusement effraie les invités (locataires), partis sans payer. C’était la dernière fois que le garçon évoluait sur le sol. Pendant la nuit, la famille planifiait déjà sa disparition éternelle mais lui, comme par coïncidence, mourrait le soir même. Il ne mangeait même plus. Retrouvé mort le lendemain, c’était à la fois tristesse et soulagement pour la famille Samsa.

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Suite à cette disparition, la famille Samsa, elle aussi transformée, trouve de nouvelles raisons d’existence, après le long calvaire traversé dans la douleur et l’épuisement.

La métamorphose de Grégor en lien avec la modernité

Un jeune garçon plein d’ambitions et de rêves se voit se transformer en insecte monstrueux, conservant tout son intérieur psychologique. D’ailleurs il pense humainement, mais du dehors, fait peur. Cette transformation, qu’on peut voir comme une différence, a exclu le garçon de la société ; au point que même sa famille ne voulait plus le voir.

Kafka, à travers cette transformation, a permis de comprendre tellement de réalités sociales aussi psychologiques. D’abord, la différence individuelle qui n’est pas digérée, dans la modernité, malgré ce qu’elle paraît être. On se tend donc vers l’uniformisation de l’humanité comme dans Rhinocéros de Lonesco. Ce qui nous permet de faire le lien avec l’absurde comme mouvement qui veut mieux exposer le chaos de l’humanité qui chute en vitesse dans l’inhumanité.

Ensuite la métamorphose a permis de comprendre que l’importance humaine se calcule selon son utilité et son caractère fonctionnel. Grégor passe de travailleur respecté à l’insecte monstrueux qui fait peur. La fin de Grégor est la fin de l’homme isolé, or nous avons tous une dimension personnelle avant tout. Donc l’homme marche vers la déshumanisation, donc sa perte.

Pour conclure

La solitude et l’humanité incomprise de Grégor ; l’isolement même d’un être tué dans sa différence individuelle involontaire. NON ! Grégor n’était pas le monstre. La Métamorphose de Kafka, une merveilleuse représentation de l’absurde. Ce commentaire propose de classer l’œuvre de l’auteur dans l’absurde certes, mais il garde une certaine prudence, vu que de nombreux critiques l’ont cernée avec d’autres mouvements encore intéressants. Encore un autre débat littéraire, capital.

Pascal Apollon

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À propos Pascal Apollon

Je suis Pascal Apollon, écrivain, poète, slameur, critique littéraire, responsable de la communication et des relations publiques à la société du samedi soir, présentateur d’émission et psychoéducateur stagiaire à Foyer Lakay (Faculté de psychoéducation du Campus Henry Christophe de l'Université d’État d’Haïti à Limonade). J'ai trois livres publiés en Haïti et en France, entre 2016 et 2018: J’aurai peut-être dix-huit ans ; Tche wòb Valantin et Grog, ''l'isolement'' . Je vis au Nord, plus précisément entre le Cap-Haïtien et Limonade.
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