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Débora, juge en Israël : début du mouvement féministe?

Temps de lecture : 2 minutes

Mis à jour le 18 juillet 2020 à 22 h 40 min

A une période dans l’histoire d’Israël, siégeaient des Juges qui avaient pour mission de sauver le peuple de Dieu ou encore porter au peuple les révélations divines. Dans les vingt-et-un (21) chapitres du livre des Juges dans la Bible, pas moins de douze juges sont cités. Parmi eux, une seule femme : Débora.

Deux choses attirent l’attention dans l’histoire de Débora. Premièrement, le fait qu’elle soit une femme et qu’elle occupe la fonction de juge à une époque où les femmes n’occupaient aucune fonction sacerdotale ou autre. Ce fut une première pour une femme d’avoir un tel poste. Juger un peuple pour lequel la domination masculine était sacrée avait un caractère osé qui aurait même pu choquer à cette période. Pourtant, Débora s’était acquittée de sa tâche au point même de s’occuper de choses militaires. Ce qui amène au deuxième point : l’autorité dont elle a fait montre face au chef de l’armée qui est un homme.

En effet, alors que le peuple était encore sous la domination d’un roi Cananéen, Débora intima à Barak, chef de l’armée d’Israël, l’ordre d’aller combattre Sisera, chef de l’armée voisine. Barak lui demanda de l’accompagner à la guerre arguant qu’il n’irait pas si elle ne venait pas. Sans se laisser démonter, Débora accepta de venir en faisant savoir à Barak que la gloire de cette bataille ne lui reviendrait pas mais irait vers une femme.

Des attitudes pour le moins inattendues de la part d’une femme, compte tenu de la période et dans le pays dans lequel elle vivait. En dépit des circonstances, Débora n’a pas flanché et elle a marqué l’histoire. C’était une femme qui s’est affirmée, s’est imposée et s’est forgé un nom.

Une attitude « féministe » ? Débora a-t-elle posé les premiers jalons du « féminisme « tel que l’on le connaît aujourd’hui ? Quelles que soient les réponses que l’on trouverait, il est important de souligner que même si Débora avait défié certaines lois de son temps en tant que femme, elle est de ces femmes qui croient que le féminisme ne peut se faire sans un homme à ses côtés car elle était mariée (Juges 4v4). Une attitude qui rejoint le discours de Belinda Cannone dans le Petit Eloge du désir :

Lire aussi :  Le célibat d'une femme, volonté d'être indépendante ou une peur de l'échec?

« Tu aimes les hommes, d’amour, d’enthousiasme. Et tu es féministe depuis l’adolescence. Tu n’as d’ailleurs jamais négocié ton désir de liberté et d’égalité et tu as construit une vie d’indépendance. Mais tu aimes les hommes. Ce sont tes partenaires et tes complices. Tu es féministe pour vivre heureuse avec eux, parce qu’il a fallu, il faut encore les inciter à renoncer à certains privilèges, mais tu aimes aussi rappeler à tes sœurs qu’elles doivent prendre leurs responsabilités, se défier de la rancœur et ne plus craindre la liberté. »

Vanessa Dalzon

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À propos Vanessa Dalzon

Je suis Vanessa Dalzon, Rédactrice en chef à Balistrad, étudiante en Droit à l'Université Quisqueya. Passionnée de lecture, je trouve à travers l'écriture un moyen de partager ce que j'ai lu, vécu, entendu ou compris sur le monde et sur mon entourage.
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