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En Haïti, le ridicule ne tue pas

Temps de lecture : 1 minute

Mis à jour le 2 août 2020 à 21 h 03 min

C’est quand la dernière fois que vous avez pu bénéficier des services de l’EDH? 20, 30, 40 jours sans électricité? Pas de panique, le président entame la dernière ligne droite de son projet d’électrification du pays 24h sur 24. Une coupure au beau milieu de son discours a pu témoigner de sa bonne foi. Oh que non, le ridicule chez nous ne tue pas!

Savez-vous que l’école rouvrira ses portes le 10 août prochain? Et la Covid-19 dites-vous? Encore une fois, restez calmes, le ministre de l’éducation a tout prévu. Pas plus de 30 élèves ne seront admis dans une salle de classe. Lorsqu’on sait que la plupart des écoles ont plus de 40 élèves par classe, il faut se demander ce qu’il adviendra du surplus. Comme on le disait, chez nous le ridicule ne tue pas.

Au fait, nous avons changé de Commissaire du Gouvernement au Parquet de Port-au Prince. Rien de nouveau. Ici, on les utilise comme des serviettes jetables. La particularité de la chose réside cette fois dans le fait qu’il ait eu deux successeurs nommés en moins de 24h. Pourquoi? Le premier avait eu des antécédents peu catholiques dont les chefs n’en savaient absolument rien bien que lesdits antécédents font l’objet de plusieurs articles sur la toile. On le confirme: le ridicule ne tue pas chez nous.

Et puisque le ridicule ne tue pas, nous préférons rire de nos maux. Fort. Partout. Sur Facebook, Twitter ou ailleurs.

Peu importe si nous nous enfonçons. Nous aurons toujours des “zen” pour détourner notre attention de l’épée de Damoclès se pendant sur notre tête.

En attendant, on est en pleine période cyclonique et le spot tourne à la radio: Sezon siklòn rive. Notre gouvernement est prévenant, il nous informe des risques mais ne lève pas le petit doigt pour nous épargner d’un quelconque malheur. En témoignent les pluies qui, pendant plusieurs jours, ont paralysé la circulation de plusieurs zones. Le ridicule ne tue pas jusqu’au jour où le vase se renversera et que le ridicule nous emportera.

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À propos Vanessa Dalzon

Vanessa Dalzon est Rédactrice en chef à Balistrad, licenciée en Droit de l'Université Quisqueya (UniQ). Elle est l'auteure du roman « Opération-Rupture », chronique publiée dans Balistrad pendant 22 semaines. Vanessa Dalzon partage son temps en dehors du bureau entre l’écriture, la lecture, le chant et les séries télé.
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