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« Être une femme, écritures de l’altérité », Kettly Mars en parle

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« Être une femme, écritures de l’altérité (EFEA) » est le nom d’un projet initié par le Centre Pen Haïti en vue de constituer un véritable laboratoire d’écriture où les femmes vont réaliser des productions traitant notamment des sujets relatifs à la condition des femmes. Toutes les professions, classes sociales, activités, religions, jeunes et moins jeunes qu’elles sont, cherchent à mettre en lumière la réalité au quotidien. Une dizaine de jeunes filles et femmes, sélectionnées sur concours, ont intégré ce projet.

« Nous voulions constituer un groupe de jeunes filles et femmes et les engager dans une démarche d’écriture à la fois créative et citoyenne. L’idée est de réfléchir, d’échanger, de partager, de faire des recherches, de lire, de recueillir des témoignages, d’écrire des essais ou d’imaginer des histoires pour dire ce que c’est qu’être une femme en Haïti en 2020 »,

a expliqué l’écrivaine Kettly Mars, actuelle présidente de la résidence Centre Pen Haïti.

Pour le moment, pas moins de onze jeunes filles et femmes sont sélectionnées, sur une quarantaine d’autres candidates, comme finalistes dans le cadre de ce projet qui a été conçu avant la propagation de la crise du Covid 19. Elles ont été désignées en fonction d’un ensemble de critères : la familiarité avec l’écriture ou le journalisme, l’expérience préalable dans les domaines de la création, de la condition féminine, de l’enseignement et, évidemment, un intérêt manifeste à s’impliquer dans ce projet sur une période d’environ 3 mois, avance la responsable.

Ce projet constitue un vrai laboratoire d’écriture, d’après Kettly Mars, avant d’ajouter que c’est la vie et la condition des femmes, de toutes professions, classes sociales, activités, religions, vulnérabilité, jeunes et moins jeunes qu’elles cherchent à mettre en lumière la réalité au quotidien. Selon la présidente dudit Centre, le grand public prendra connaissance des différents contenus des travaux réalisés par les contributrices du projet, à partir de différents supports multimédias.

Les jeunes filles et femmes du projet « Etre une femme, écritures de l’altérité » sont encadrées, a rassuré Kettly MARS qui estime que ce projet est une occasion de questionner les tabous, les traditions, le patriarcat, le machisme et le sexisme, les carcans religieux et familiaux qui empêchent ou freinent l’épanouissement des petites filles, des jeunes filles et femmes au pays, qui les empêchent d’être des citoyennes épanouies et utiles à la société. Il faut aussi parler des femmes, dit-elle, qui ont réussi dans le domaine de leur choix, qui ont pu transcender les difficultés, rompre le fameux plafond de verre et assumer leurs destins de femmes leaders.

D’après l’auteure de « Saisons sauvages », les productions résultant du laboratoire d’écriture du Centre PEN Haïti seront d’abord utiles aux femmes elles-mêmes qui écrivent. Elles y verront, comme dans un miroir, leur condition et cette image renvoyée les portera à susciter chez les autres une prise de conscience. Le projet « Etre femme écriture de l’altérité » entend, soutient-elle, apporter une pierre : « un mot, un poing levé, une fleur, un encouragement à celles qui luttent, une prise de conscience à d’autres. Nous voulons dire notre beauté, notre résilience, nous valoriser, rassembler nos forces ».

Dans le cadre du processus, un comité consultatif composé de trois membres a été institué. Il y a Nadine Louis Milien, directrice de la Fondation Toya. Elle devra se charger du renforcement et l’encadrement des leaderships. Ensuite, il y a Martine Isaac, secrétaire générale de l’association des femmes journalistes Sofejh ainsi que Sabine Lamour, coordonnatrice de l’organisation féministe SOFA.

A noter que la production des contenus de ce projet qui s’étend sur trois mois se poursuivra jusqu’à la fin du mois de septembre.

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À propos Mydna St Cima

Diplomate et linguiste de formation, Mydna ST CIMA est née à Port-au-Prince. Dès son plus jeune âge elle se sent habitée par une passion pour la littérature, d’où le respect qu’elle voue aujourd’hui à la lecture et les langues étrangères. Mydna est une grande observatrice et a le souci d’une bonne communication. Elle est donc persuadée que l’écriture est l’un des meilleurs canaux pour populariser ses perceptions, ses engagements, ses sentiments, ses analyses et sa vision du monde extérieur aux gens.
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