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Groupe Louwanj en concert Live | Photo retouchée/Original : Konekte m

Au temps de Covid-19, la culture survit grâce aux réseaux sociaux

Temps de lecture : 3 minutes

Mis à jour le 10 mai 2020 à 11 h 21 min

La pandémie de Coronavirus a mis le monde à genou. Haïti n’est donc pas exempte des impacts de ce virus. Du peyi lòk au coronavirus, le secteur culturel a connu une myriade de difficultés. Les technologies de l’information et de la communication ont permis cependant à la culture de survivre mais aussi de résister face à l’assaut de cette pandémie. Partant de l’organisation de show en direct sur Facebook, Instagram et Twitter, la culture existe et s’offre une résistance pour le plaisir des mélomanes.

À quelque chose malheur est bon dirait-on ! Cette pandémie Covid-19 viendra basculer notre quotidien mais aussi permettra aux acteurs culturels de tester leur créativité. Désormais, des initiatives culturelles sont été organisées via Facebook et Instagram. Les réunions des chorales et des groupes s’organisent également via WhatsApp. La pandémie vient changer la donne et montre les bienfaits du numérique avec l’interdiction de rassemblements prise par les autorités haïtiennes qui, jusqu’ici tâtonnent, mais tentent de sortir.

« Avec ce confinement, nous utilisons le forum WhatsApp pour organiser des séances de prières mais surtout des devoirs d’exercices vocales et des challenges musiques… Nous utilisons cet espace pour tenir vivant Holy Music. Par ailleurs, nous organisons des séances de répétitions par groupe de 9 personnes à raison de 3 personnes par voix [Mezzos, Alto et Ténor, NDLR] » rapporte le maestro Valentin. 

Séances Live Streaming, entre pari gagné et défi pour les groupes

Le groupe Louwanj fait partie de ceux qui ont réussi leur premier live streaming via les réseaux sociaux à l’occasion des fêtes de pâques. « Nous nous projetons activement vers l’utilisation des lives dans l’objectif de sauvegarder le vocal de nos choristes et du coup les encourager à ne pas sombrer dans l’oubli des principes en matière de musique », se réjouit Bernardo Zephir, président du groupe Louwanj

Les responsables du Groupes WAW, (sigle composés de Wadson, Alexander et Wesly) ne diront pas le contraire. « Nous sommes en préparation d’un live streaming. Cette initiative est louable et Haïti n’est pas en vase clos. Cette réalité de live est partout et nous devons nous aussi réinventer » affirme Alexander Polynice, l’un des chanteurs.

Si certains ont tenté tant bien que mal de tenir des lives, d’autres n’ont pas su se mettre au diapason de ce nouveau défi.   

Le monde du showbiz fait encore les frais du Covid-19

Le Covid-19, se greffant aux problèmes socio-politiques, vient de mettre en agonie un secteur culturel à plat depuis deux ans.  La pandémie offre une opportunité aux groupes musicaux d’explorer un nouveau champ. Nombreux sont les groupes musicaux qui ont été déjà en préparation pour la tenue de plusieurs spectacles. C’est le cas de la Chorale Jimla Gospel qui a vu son agenda se basculer au détriment de la pandémie. 

« Nous avons eu un premier spectacle baptisé “Chansons Inédites” prévu le 15 septembre 2019 renvoyé au temps du Peyi lòk, puis reporté au 5 avril 2020. La pandémie a frappé beaucoup plus fort et nous avons encore dû reporter notre spectacle », rappelle l’une des membres de Jimla Gospel, Vanessa Dalzon.

Exister malgré tout

Les lives streaming coûtent les yeux de la tête avec la mobilisation de matériels logistiques, de l’internet de haut de gamme, éclairage entre autres. Certains groupes éprouvent des difficultés à monter dans cette barque. 

« Nous avons l’énergie, notre équipe est disponible mais les moyens nous font défaut. Cependant nous vous le garantissons, si nous trouvons l’aide nécessaire,  on peut offrir mieux en streaming, un CAD Rétro Live [Rire] », déclare sur un ton plaisant Jean Elie Brutus, responsable du Groupe CAD. 

Dans le secteur du Reggae, Yizra’el Band souffre et connaît le même sort. Eux, non plus, n’ont pas les moyens de s’adapter à la nouvelle tendance. « Nous avons un band, des musiciens, pour les inviter à un Live Reaggae, mais il faudrait les payer… À Yizra’el Band nous avons de la discipline, nous ne comptons pas rentrer dans une quelconque démarche de recherche de fonds via des combines » soutient Zikiki, l’un des responsables du groupe. 

Les lives streaming ont connu cet essor avec l’initiative de l’animateur Carel Pèdre de réaliser un bal virtuel sans rassemblement puis les éditions de quarantaine session live. Un pari gagné. Une démarche qui ouvre la voie à d’autres groupes musicaux pour devenir inventif. Certains ne peuvent pas encore rentrer dans la danse. Avec recul, on peut répéter avec Frankétienne, quand tout s’écroule, l’art reste debout. Alors vive la culture en ce temps de Covid-19 !

Banacheca Pierre

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À propos Banacheca PIERRE

Banacheca Pierre vit en Haïti. Elle maîtrise le Français, le Créole et l'Anglais. Mémorante en Sciences du language à la Faculté Faculté Linguistique Appliquée (FLA/ UEH) elle a aussi etudié le journalisme à l'Institut Francophone de Journalisme (IFJ). Banacheca a eu plusieurs expériences dans différentes institutions comme Ecole Notre Dame du Rosaire et l'Institution Educative Notre Dame en tant qu'enseignante. De 2015 à 2017, elle a occupé le poste coordonatrice générale de " Youth Ambassador Program", un programme de jeunes ambassadeurs financé par l'Ambassade Americaine.
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