BIMART, pour le bonheur et les amants du « konsome lokal »

Temps de lecture : 4 minutes

Mis à jour le 17 décembre 2020 à 8 h 44 min

« Vivre en Haïti relève d’un parcours de combattant et être entrepreneur dans un pays aussi complexe et tumultueux demande de s’appuyer sur le verbe Oser » voilà ce à quoi ressemblent la volonté et la persévérance de Jennifer Lambert.

L’entrepreneuriat gagne du terrain auprès de la jeunesse ces 5 dernières années. La pandémie Covid-19 a accéléré cet engouement à travers le monde. Des jeunes en Haïti ne souhaitent pas rester derrière les rideaux. Ils s’activent de plus en plus pour monter leur startup.
Certains sont souvent frappés par le découragement, le manque de financement, la méfiance en un système qui refuse de leur prêter main forte. Balistrad braque ses projecteurs sur ces nombreuses jeunes femmes qui décident à tout prix de réussir leur rêve contre vents et marrées.

Originaire de Cap-Haïtien, fille unique de ses parents, Jennifer et sa famille évoluent dans la commune de Trou-du-Nord. Comptable licenciée, écrivain en herbe, nutritionniste, Jennifer est aussi responsable de Beauté Sans Mystère, une association de jeunes créée en Mai 2018 qui vise à mettre en valeur la beauté naturelle.

Depuis son plus jeune âge, Jennifer caresse le rêve de monter une startup dans la province qui l’a vue naître.

« J’ose penser l’idée de Bimart, j’ose la planifier, j’ose poser l’idée sur un papier qui est aujourd’hui transformée en action » se déclare, satisfaite, la jeune entrepreneure.

Inaugurée en Juillet 2020, Bimart est le nom de cette jeune entreprise créée par Jennifer Lambert. Il s’agit d’un mini-marquet qui offre une bonne partie des produits de ce coin du terroir. La représentante de ce nouveau filial Bimart souhaite que l’entreprise devienne un leader en matière de qualité et production dans la zone.

Sans appui financier, Bimart a relevé son défi

Pour lancer son entreprise, Jennifer Lambert affirme n’avoir pas bénéficié de support financier externe. C’est d’ailleurs ce qui limite ses actions. « Monter une nouvelle entreprise avec ses maigres ressources, il y a le loyer qui arrive, les factures d’électricité, le payroll et le coût de la vie qui vous guette, sans financement, il est quasiment semblable à un défi de taille mais je vous garantis que la persévérance et la volonté vous permettront de relever les enjeux » reconnait Jennifer Lambert.

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La jeune patronne souligne que Bimart est à la recherche de nouveaux investisseurs pour mieux implanter l’entreprise dans le Grand Nord dans l’objectif, dit-elle, d’améliorer la compétitivité mais aussi d’accroitre Bimart comme une nouvelle chaîne en Haïti.

BIMART décide de se mettre au diapason face à la technologie

La pandémie Covid-19 est un levier qui a dévoilé la force des réseaux sociaux. Désormais confinés, les clients qui n’auront pas l’opportunité de sortir se voient obligés de passer leur commande en ligne. Bimart a constaté cette opportunité qu’offre la technologie et a décidé de se mettre au diapason par rapport à cette perspective.
« Les réseaux sociaux offrent la possibilité aux entrepreneurs d’avoir un public mosaïque avec toute une marge d’influence sans intermédiaire. Cet espace nous permet de développer nos marques, de fidéliser nos clients, et d’évaluer nos impacts » a fait remarquer la fondatrice de Bimart.

Multiplication des Start-up, l’entrepreneuriat jeunesse en bonne santé

Des jeunes entreprises naissent au quotidien en Haïti. Les idées de la plupart d’entre elles viennent des jeunes filles et de garçons. Des entreprises de restauration, de couture, d’Art, de marketing et de technologie, le tableau est rassurant. D’où vient la motivation de ces jeunes ? Pourrait-on évoquer un entrepreneuriat en bonne santé ?

« Je dirais, à mon avis que cette multiplication traduit la volonté des jeunes d’innover, d’investir dans un domaine à risque en sachant que leur rêve peut transformer le marché haïtien tout en répondant à un certain besoin jusque-là inaperçu. Cette multiplication est une réponse au modèle économique classique qui se veut toujours de garder les jeunes en mode salarié » affirme Jennifer Lambert, fondatrice de BIMART.

Le taux de chômage est élevé en Haïti, l’économie est en agonie et la croissance demeure faible, le contexte de l’avènement de ces start-up est donc complexe. Les fondateurs doivent mettre la balance sur l’espérance et croisent les doigts pour leur investissement car les risques de sabotage sont énormes dans l’Haïti qui peut basculer dans le chaos à tout bout de champ.

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Banacheca Pierre

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À propos Banacheca PIERRE

Banacheca Pierre vit en Haïti. Elle maîtrise le Français, le Créole et l'Anglais. Mémorante en Sciences du language à la Faculté Faculté Linguistique Appliquée (FLA/ UEH) elle a aussi etudié le journalisme à l'Institut Francophone de Journalisme (IFJ). Banacheca a eu plusieurs expériences dans différentes institutions comme Ecole Notre Dame du Rosaire et l'Institution Educative Notre Dame en tant qu'enseignante. De 2015 à 2017, elle a occupé le poste coordonatrice générale de " Youth Ambassador Program", un programme de jeunes ambassadeurs financé par l'Ambassade Americaine.
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