Le bal du douze

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Mis à jour le 15 juin 2019 à 17 h 21 min

Elle n’avait pas le temps de se raser. Elle voulait arriver à temps. Ce rasage était parfait, du moins pour mieux se frotter aux autres. Ces autres, impatientes, comme elle. Personne ne voulait rater le bal du douze. On était à 96,5% sûr que le bar sera plein. Que le bar sera fou . Les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais. Sauf que, cette fois, ce ne fut point une folie. Puisqu’on ose mélanger folies et conneries.

Ce n’était pas son milieu, ni la prime offerte pour la trime de son père. Ce vieillard obsédé, comme tous les autres, par le bonheur de sa fille. Pauvre, elle avait fréquenté cette bonne école. L’école de l’élu, l’enceinte des vierges riches, des parents jaloux, arrivistes. On les reconnaît facilement, toujours groupés à parler de la scolarité, comparant l’éducation à la vente aux enchères. Dix mille dollars une fois, vingt mille dollars deux fois, la porte est grande ouverte pour celui dont les poches ne sont pas solides. On les reconnaît facilement, ces parents modèles, ignorant les sorties en cachette, les vêtements de rechange bien rangés au fond d’un sac. C’était son école, au milieu de ces riches. Ce soir, c’est le bal du douze. Et pour que tout se passe bien, on évite les mâles . Les mâles sont des chiens, laissez les chattes se frotter entre elles.

La partouze d’un soir, bien avant le douze. Car le bal du douze est un zen social, sans secret, condamnant cette fille qui n’avait pas sa place, peu guerrière pour cette gaguère sans coqs. Et l’enfant unique de son père sera la victime des grosses jumelles, prêtes à filmer chaque événement. On dirait un Bryan (brillant) Sniper, visant sa proie pour la rendre ridicule aux yeux de tous. Ces jumelles destructrices, sans secrets, indiscrètes. Car les folies sont quotidiennnes, et les jumelles les transforment en connerie?

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Je ne suis pas bien meilleure que ces filles. J’ai décliné la soirée pyjama, contre une nuit sans culotte au milieu de trois mâts. C’était torride. Et c’est mon secret. Trois mâts, trois profs de maths. Des hommes instruits, dignes d’explorer mes lèvres, grandes et petites. Oui, des Hommes instruits, des Hommes qui valent la peine. Car je conçois mal le sexe entre deux êtres différents, de milieux différents. Vous jugerez ma réflexion trop zuzu, mais le sexe est un mélange d’art, de confort et d’estime. L’éducation est la règle première.

Je ne suis pas bien meilleure que ces filles. J’ai couché avec Max. Puis Alex, le frère de Max. Puis Rick, le meilleur ami de Max. Je suis la copine de Jim, le cousin de Rick. Jim m’estime beaucoup, je suis la meilleure des meufs. Je ne trompe pas. On est fidèle tant que le secret ne trompe point. Garder ma vie privée ne fait pas de moi une sainte nitouche, privée de baise. Si seulement je voulais qu’on le sache, je ne l’aurais pas fait dans une chambre.

Après tout, qui êtes-vous pour me juger? Qui êtes-vous pour les blâmer ? Vous êtes celles qu’on n’a pas découvertes, celles qui se cachent. Après tout, c’est bien. Plein de gars sont assez mauvais pour coucher avec la bonne, dominer la gouvernante. C’est le temps maudit, et le bal du douze en est la preuve. La preuve d’une jeunesse malade, victime de sa propre folie, dupée sans être éduquée. Je ne veux plus me taire, je veux que cela cesse.

L’éducation est si minable que ce texte, écrit en de simples mots, dépasse le cerveau de certains DJ’s.

Yvan Jean Verlaine PIERRE

Campagne contre la désinformation | Stop infodémie

À propos Yvan Jean Verlaine PIERRE

Yvan Jean Verlaine Pierre, 27 ans, médecin résident en Service Social. Amant de livres, d'aventures et de musique.
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